Être atteinte d’endométriose, c’est très pratique

28 mars, c’est la journée mondiale de lutte contre l’endométriose. Habituellement, il y a une endo-marche (vous suivez ?), cette anneé non, on a marché pour une vraie loi climat à la place, c’était super.

En attendant, je salue les associations (endomind, endofrance, infoEndométriose), et les personnes (Marie-Rose Galès, Isabelle de EndoNymous) qui font du bruit pour que la maladie soit reconnue, et prise en charge et qu’on sorte de notre négation de la douleur des femmes, ces hystériques. Topo rapide :

  • 1 femme sur 10 atteinte,
  • 7 ans pour se faire diagnostiquer en moyenne
  • 40% souffrent de douleurs chroniques
  • première cause d’infertilité
  • origine méconnue
  • traitement inexistant

Vous pouvez agir : soyez cool au travail avec vos collègues, ✨ reconnaissez les discours des personnes qui vous disent souffrir, 🦋 dites bien aux filles autour de vous que ce n’est pas normal d’avoir mal, 🐙 participez à la lutte contre les discours qui psychologisent « c’est dans ta tête », 🐞 sachez que les symptômes peuvent impacter la digestion, la vie sexuelle, la fertilité et sont imprévisibles, et différents chez chaque malade alors… ne comparez pas les personnes atteintes que vous connaissez, 🎨 signez les pétitions suivantes, 🍓 et vous pouvez également partager cette BD autour de vous, sur les réseaux sociaux… ainsi que celle dans mon article sur le travail et les galères de cycle.

>> pétition : Faisons entrer l’endométriose dans la liste des ALD30 !

>> pétition : Désolidarisation des revenus du conjoint pour le paiement de l’Allocation aux Adultes Handicapés (AAH).

Merci de votre lecture ! ❤

Métro, boulot, endo !

Mars, c’est le mois de sensibilisation à l’endométriose. J’en profite pour partager quelques questions collectives que soulève l’expérience individuelle de cette galère quotidienne. (même si tu n’es pas malade, tu peux lire, c’est cool)

Qu’on soit atteint.e (ou pas) d’endo, d’adénomyose, qu’on ait un syndrome menstruel comme un bulldozer, une fibromyalgie, des migraines, des galères psy.., 🔥 tous ces phénomènes physiologiques ont des conséquences concrètes sur nos vies, qui dépassent largement le problème en soi. Typiquement, la vie professionnelle : ce maudit entretien d’embauche qui tombe le jour où tu as envie de t’enterrer vivante et ou des couteaux te cisaillent le vendre… Respect pour avoir traversé ça! 💪

Ce sont des maladies fréquentes, chacun d’entre nous connait nécessairement des personnes dans cette situation. Ce qu’il faut comprendre : ça prend du temps et de la charge mentale et parfois des sous en plus, de se gérer, d’anticiper, de compter les jours, de prendre des médocs parfois, de faire du yoga ou des bouillottes, de consulter 36 médecins, de dormir plus, … pour arriver à aller mieux et tenir bon une journée normale. Isabelle, du blog Endonymous me disait cette phrase intéressante « ça peut être quasiment un mi-temps de juste se tenir à flot, se maintenir en état de santé viable ». C’est non négligeable! 🐠

La question qui en découle est donc politique (toujours 😍) : comment peut on, collectivement, être solidaires, pour que les conditions difficiles qui impactent la vie de certain.e.s personnes ne se transforment pas en prix a payer, en terme de vie pro par exemple. Si on ne se pose pas cette question, on fait comme si chaque individu était intégralement responsable de sa condition biologique. 🦀 Lol.

Dans le cas de l’endométriose, c’est précisément la question que pose et outille l’association EndoFrance dans son Livre Blanc de l’endométriose et de l’emploi. Les pistes pour les employeurs ne sont pas très nombreuses mais on retiendra : sortie du tabou des maladies et des règles en accueillant la parole quand elle advient, prise en compte et acceptation des caractères imprévisibles de la situation, logique d’inclusivité pour faciliter l’inclusion de la personne (télétravail, adaptation de poste…). Quitte à faire venir des assos pour former les managers. Puisque 65% de femmes considère que leur maladie impacte négativement leur vie professionnelle.

Personnellement, ce qui m’aide bien à gérer au travail c’est l’ajustement possible de ce que je dois faire à mon état, la possibilité de télétravailler dans mon bain (comme je vous disais). J’aimerais arriver à faire des siestes plus souvent aussi et le lieu de travail s’y prête à peu près, c’est plus un problème d’état d’esprit personnel. Pouvoir aller en rdv médical en journée est aussi topitop.

🐛J’ai posé cette question sur instagram, j’ai reçu quelque quelques propositions intéressantes. Par exemple celles d’Irene du génial blog La nébuleuse (luttes sociales et lectures) : « Déjà que la médecine et la recherche scientifique soient entièrement publiques et pour l’intérêt général. Ensuite que tout le monde travaille moins, que les espaces de vie et de travail soient aménagés aussi pour se reposer… Que ce soit plus facile d’avoir de l’aide (ce qui demande des personnes formées et des moyens mis là dedans), que sa situation soit reconnue aussi. À plus court terme, faciliter l’obtention de l’AAH et que ce soit individualisé » (pour le moment les allocations sont calculées par rapport aux revenus de votre conjoint.e. Donc si vous voulez vous barrer pour cause de violence par exemple, c’est mort. Merci la précarité. … tout comprendre dans cet article de Libé Découpler l’allocation aux adultes handicapés des revenus du conjoint)

Je vous partage également les proposition d’Isabelle Giraldo (qui travaille pour accompagner la génération Z à faire face aux conséquences émotionnelles d’un contexte politico-climato-social déprimant) 🐞 : « Pour moi ça passe par un retour à la vie en communauté, les retrouvailles du village, de la tribu pour que nous arrêtions de tout porter toute seule ! Besoin de vraies communauté de soutien, exploration de travail en binôme, de vraie coopération, sortir de notre mode compétitif… » Jolies pistes. A voir comment ça se concrétise.

Alors si vous avez des idées, structurelles et des idées de solidarité par rapport aux galères physio et au monde professionnel… sentez vous libre en commentaire. 🍄

Nager dans la forêt

Petite poésie Automnale,

Oui les champignons corail, ça existe pour vrai.

Si jamais vous pensez que sniffer les feuilles en humusification fait partie des besoins de la vie, si vous êtes inquiets que le confinement aggrave les injustices existantes, en réduisant l’accès au vivant, aux « espaces naturels » il y a cette Pétition pour un accès responsable à la nature en période de confinement

Delphine Batho, députée des Deux Sèvres et députée du groupe Ecologie, Démocratie, Solidarité défend ce droit dans une lettre au premier ministre à suivre sur les rézo.

Sinon, passez votre permis de chasse, les chasseurs, eux, ont une dérogation 😉

Ni les femmes, ni la terre !

Vous avez déjà entendu parler d’écoféminisme ? Kezako ? écolo + féministe = écoféministe ? en réalité ça va un tout petit peu plus loin. Et c’est intéressant comme mouvement pour ce qu’on pourrait y piocher comme pistes d’actions concrètes face à nos problèmes du moment.

« L’intérêt de l’écoféminisme est de combattre les oppressions patriarcales dans leur globalité, parce qu’on remarque que les oppressions exercées sur les femmes sont les mêmes que celles exercées sur la nature. On peut même tirer le fil encore plus loin et inclure également le racisme, les inégalités de classe, les droits des animaux… » explique Solène Ducrétot dans une interview pour Causette, Pour la planète et pour les femmes, « l’écoféminisme veut faire des émotions un moteur de la lutte ».

Donc, les analogies entre agressions sexistes et agressions écocides, c’est le niveau 1. Et c’est déjà bien marrant.

Prometteur. Spécialement parce que c’est un mouvement protéiforme, qui « part du bas » et pas d’une théorie. La réflexion se nourrit des luttes : des nanas qui se disent « on va faire une banque de graines parce que la bouffe c’est le pouvoir ». Ou d’autres qui se disent, « on va tricoter pour faire passer des messages politiques puisque apparemment le tricot c’est pour les bonnes femmes… « .

Je retiens également du podcast Les couilles sur la table – Le patriarcat contre la planète que les écoféministes cherchent à trouver une voie d’égalité qui ne soit pas dans la reproduction de ce que font (statistiquement) les hommes. Parce qu’avoir le choix entre rester sous le plafond de verre et jouer à Lino Ventura, bien agressive pour cheffer comme un chef… merci berk. Trouver une troisième voix, hors de la relation de pouvoir. Et dans laquelle, les corps et émotions ne sont pas uniquement vues comme des vulnérabilités.

Exemple d’usage pratique de l’écoféminisme : Si « être écolo » consiste pour les femmes à voir augmenter à nouveau leur charge mentale concernant la sphère domestique (parce que le zéro déchet, les huiles essentielles, le déo maison et le courses AMAP+petitsproducteurs … ça PREND DU TEMPS) … on s’arrête de suite. C’est la preuve qu’on a besoin de penser comment « être écolo » dans un sens bien plus social, collectif et politique, prenant en compte les interdépendances, sinon l’urgence environnementale aggrave juste les inégalités en place.

D’après l’Insee, si les femmes consacrent aux tâches domestiques 22 minutes de moins qu’il y a onze ans, les hommes y passent seulement une minute de plus… et deux fois plus de femmes (17%) que d’hommes (9%) ont voté EELV en 2019 (allez lire Comment l’impératif écologique aliène les femmes – Slate)

🍃🍁Mais ça tombe bien, en ce moment c’est le Festival Après La Pluie, festival mixte écoféministe organisé par Les Engraineuses pour développer l’approche. Conférences écoutables en rediffusion.

Pour aller plus loin : L’écoféminisme, ou comment se reconnecter au monde, interview de Emilie Hache par Médiapart (40 min)

Bises !

Quiproquo levé : les écolos aiment les gens !

Samedi 3 octobre 2020 avait lieu la mobilisation citoyenne Avions à Terre. Cette mobilisation a été une bonne occasion pour lever un malentendu un peu récurrent : les demandes écolos ne sont pas faites au détriment des gens, des salariés des industries mises en discussion, …au contraire !

En gros, il y a eu des actions non violentes de désobéissances civiles organisées par Alternatiba et Action Non Violente Cop 21 et d’autres assos/ong réclamant que l’argent public cesse de subventionner le développement d’un secteur responsable d’un part non négligeable des émissions de gaz à effet de serre : l’aviation civile.

Pour info, les demandes sont : stop au développement des projets démesurés comme le nouveau terminal à Roissy, Stop à l’exonération de taxes dont bénéficie le kerozen, stop aux lignes d’aviation qui peuvent être faites en train. Rappel : il nous faut diviser nos émissions de gaz à effet de serre par 5 ou 6 d’ici 2050 pour rentrer dans les accords de Paris (et éviter de cuire sur place)…. Le secteur représente au moins 5% du réchauffement planétaire selon le GIEC, plus en France. Il est de 15 à 40 fois plus émetteur que le train sur même distance.

Et, rebondissement, François Rufin qui soutenait l’action s’est rendu aux cotés de grévistes salariés du secteur aéronautique la même semaine. Sur twitter, grand lieu du débat constructif, on lui a reproché ses contradictions, »c’est pas trop dur le grand écart ? ». Même sa mère lui a demandé ce qu’il foutait avec les « méchants ».

Quiproquo! Je profite de sa réponse pour me ranger derrière : le mouvement citoyen écolo est aux cotés des gens ! Surtout aux cotés des salariés du secteur. Il demande de l’investissement public pour organiser la mutation des secteurs avant que les dits secteurs ne se cassent la figure d’eux même ou licencient à tour de bras. C’est la transition pensée avec les salariés, pas sans eux, ou même contre eux, souligne cet article de Reporterre.

Je vous remets d’ailleurs la superbe lettre du collectif Atecolpol aux salariés de l’aéronautique : https://atecopol.hypotheses.org/4062 qui dit en gros « viendez avec vos cerveaux, on réfléchi ensemble à ce qu’on peut inventer pour la suite ».

Mais d’autres voix, partageant le constat climatique et l’urgence, s’élèvent pour qu’on ne cherche pas la sobriété de consommation de ressource ni la mutation des secteurs pour protéger les gens en anticipant, mais pour qu’on investisse dans la technologie qui nous permettrait de ne pas changer nos modes de vie, de donner des débouchés aux étudiants de l’aéronautique et qu’on reste compétitif grâce au futur « Avion vert ».

Ces propositions (nombreuses et financées par le dernier public) ont inspiré un slogan aux manifestants en réponse : « L’avion vert c’est celui qui ne vole pas ».

Et comme je soutiens ces manifs mais que je n’ai pas pu être à celle ci, j’ai dessiné à la place !

LA BISE !

Les pollinisateurs se vexent.

Newsletter_Semo_abeilles

Semo transition a publié une nouvelle Newsletter. Décryptage des labels et autres pictogrammes(AB, Label Rouge, Haute Valeur Environnementale, Pêche responsable…) de vos courses, histoires des abeilles et urgence à sauver les pollinisateurs, un décryptage aussi des mots résiliences qui ont fleuri dans toutes les bouches et toutes les tribunes, un podcast de discussion intime avec des agriculteurs au parcours atypique (toi, le bac+5 qui pense à devenir boulanger ou maraicher… je te vois 😉 ).

Petit aveu : Juste après avoir fini le dessin, je tombe sur un article de Socialter qui explique qu’à avoir fait la pub pour les abeilles beaucoup de mairies auraient installées des ruches partout … sans augmenter l’alimentation disponible. Pourtant, la solution miracle tourne au vinaigre à Paris, où la surpopulation d’abeilles domestiques entre en compétition avec les pollinisateurs sauvages… (papillons, bourdons…)

Leçon 1 de l’apprenti écologiste : Il ne s’agit pas juste de réintroduire les bestioles, faut refabriquer le milieu propice à leur développement ! J’espère que les pollinisateurs aiment les fleurs de patate… j’ai joué à l’apprenti jardinière de balcon, la situation m’échappe un peu 🙂

A très bzzz vite ❤ et votez bien dimanche !

 

 

Mon monde d’après est inter-vivants

Systémie de terrtoire_Mathilde François

« Dans mon monde de demain, il est répandu et important de prendre du temps pour chercher comment cohabiter au mieux avec les autres vivants, et cette manière de négocier a enrayé la dégradation des écosystèmes.
Dans mon monde de demain, le paradigme a évolué, nous ne percevons plus le reste du vivant comme des objets, une ressource à gérer que l’on appelle « nature ». Nous nous percevons avec eux eux comme des colocataires, aux besoins différents, communications différentes.
 
Baptiste Morizot, enseignant chercheur en philosophie dans son livre Manières d’Être Vivants, soutient l’idée que nous serions en crise de sensibilité vis à vis vis du vivant : il constate que nous avons peu de mots, et peu de moyens de nous figurer le sensible, de formuler l’interaction avec des arbres, des animaux, nous n’en connaissons pas les noms et les côtoyons peu.
 
Dans mon monde d’après nous explorons des exercices, des jeux de rôles, des assemblées, ou des immersions peut être, pour donner de la place aux autres vivants dans nos réflexions de choix de vie et d’aménagement du territoire. Les formes restent à définir, voilà mes pistes :
(1) le Parlement de la Loire initié par Camille de Tolédo et le POLAU (Pôle d’Art Urbain) cherche aujourd’hui même à constituer une reconnaissance juridique pour l’écosystème de la Loire.
(2) Alexandro Pignochi et son blog incroyable : dans ses bandes dessinées nous bouscule en supposant que l’animisme des indiens Jivaros est la pensée majoritaire.
(3) Dans mes illustrations, j’essaye de faire parler les vivants non-humains, les villes, les abeilles…
(4) Dans une scène de théâtre forum avec la compagnie NAJE (Nous n’Abandonnerons Jamais l’Espoir) nous avions choisi de personnifier la biodiversité dans un conflit de voisinage concernant la gestion des jardins… à creuser !
 
Dans mon monde de demain, c’est le métier de certaines personnes d’être en charge d’accompagner ces processus de négociations : Diplomates pour vivants ? Intercesseurs entre espèces ? Systémiciens de territoire ? J’aimerais bien faire ce métier…

Je m’appelle Mathilde François, je suis diplômé ingénieure agronome et j’accompagne des collectivités dans les questions de partage des rôles pour une transition écologique collective au sein des territoire. Je suis aussi artiste, et j’explore ce que peuvent apporter la mise en image (illustration), la mise en corps (théâtre forum…) face aux enjeux politiques actuels. »

 

C’est l’illustration et le texte que j’ai envoyé en réponse à l’appel à participation de La Base Paris, lieu repaire de 10 associations ayant pour objectif de mobiliser les citoyen-nes à la transition écologique et sociale.

Dans la même veine, Alternatiba a fait appel à 60 dessinateurs pour dessiner un ET SI du monde d’après… : et-si.alternatiba.eu

Et je trouve que c’est une joyeuse profession de foi de sortie de confinement.

Bonne soirée à tous et toutes !

Les anxieux, experts en temps de crise ?

Être impuissant-e en situation de crise, c’est pas très pratique.

Mais quand tu fais partie de ces perpétuels abonnés au doute, que l’hypervigilance et l’anxiété sont tes potes les plus fidèles… Maintenant que tout le monde se stresse la moule au quotidien, te voilà up-gradé au rang d’expert-e !!

Vous m’avez vue venir : je rebondis sur la situation et… je prêche pour ma paroisse ! (un peu comme tout le monde en ce moment d’ailleurs).

Crise et impuissance_1Crise et impuissance_2Crise et impuissance_3Crise et impuissance_4Crise et impuissance_5

Émerveillons-nous ? C’est aussi de la résistance.

Ces femmes qui ont tracé la route

IMG_20200229_214021IMG_20200229_214040IMG_20200229_214056

Levons le nez de nos coronactualités. J’ai un hommage à faire : En Février, Bretecher décède, et laisse petits et grands dessinateurs tout penauds.

A l’époque, j’effectue une (re)plongée émue dans les Agrippine dispos en rayon au salon. Dense, efficace, sans pitié mais pas sans poésie. Une répartie défiant les lois de l’apesanteur.

Ça ne loupe pas, le style infuse, les gros nez me font de l’oeil. Sur fond d’émissions de France Culture Bretecher – point à la ligne, mon dessin s’Agrippine un peu…

Je ne peux pas ne pas penser à ma grand mère, une fusée un peu dans le même modèle. L’écriture efficace, caustique, politique. Elle vous met dans sa poche de baroudeuse, entre deux critiques de films; des billets de blogs, l’Afrique de l’Ouest, Valparaiso, Chili, Cartagena, Colombie, le chemin de St Jacques comme respiration.

Je vous recommande et vous avise, lisez-la, mais ne venez pas rouspéter que ça vous démange du sac à dos après ! En plein confinement, c’est ma boite à Pandore d’envies de voyages, ça sent bon les embruns et le port de pèche dans le salon…

Son blog : Michèle Solle – Chroniques abonnez vous ?

Je vous embrasse, femmes qui tracent les routes, et vous qui lisez ici.

Les non-humains nous parlent du sol !

Jour 8 ou 9 de confinement, je fais du rattrapage : je ne vous avais pas montré mes illus pour la newsletter Semo de l’hiver !! alors que j’en suis si fière 🙂

Le titreétait : Manifeste pour la protection des sols !

Les sols, ces écosystèmes si brillants.  Le saviez vous ? La terre, le sol qui est notre trésor sur Terre, est en fait du CACA DE VER DE TERRE ! Dans son ventre, les bactéries associent humus (matière organique décomposée) et argiles (matière minérale) pour former le si précieux complexe argilo-humique, aux propriétés permettant aux plantes de pousser et au monde de manger. Merci le sol. Merci les vers de terre, je vous aime.

Food and Com_Hiver 2019_Illu 2_CouleurV2
j’adore dessiner les non-humains en débat avec les humains ❤

Ce dessin ci dessous illustrait l’interview d’une maraîchère en périurbain qui explique la nécessité de limiter l’étalement urbain et de protéger les terres agricoles. On parle même de ceinture nourricière parfois.

J’ai changé récemment le texte de ce dessin, pour sortir de l’idée que la ceinture nourricière est la solution, mais pour apporter quelques unes des questions qui se posent.

Peut on nourrir une ville réellement avec ses maraichers ? Avec le système alimentaire actuel ? Avec les régime alimentaire actuel ?

Food and Com_Hiver 2019_Illu 1_CouleurV4
pour voir l’ancien texte, go sur leur site !

Ça vous titille tout ça ? Je vous recommande

L’article : « L’idée de nourrir les métropoles grâce aux ceintures vertes est une illusion ! » – Sabine Barles, professeure en urbanisme et aménagement à l’Université Paris 1 Panthéon/Sorbonne

La vidéo si pédagogique et riche de Bourguignon. Claude et Lydia Bourguignon, pape et papesse des sols.

Vous m’en direz des nouvelles, LA BISE.

Jour 4, lever le nez ?

2020020_JOU4

Parce qu’en nous ramenant à nos conditions matérielles, le confinement fait exploser les injustices de classes.

Et parce qu’ils y en a qui aimeraient bien, être confiné-es ! « Pendant que les cadres sont en télétravail, les ouvriers, les gens du bas n’ont qu’à aller mourir. » – La Relève et la Peste

Sans compter tout ce monde qui va salement cartonner : travailleuses, travailleurs du sexe, les professions du spectacle vivant, les auteures et auteurs, la presse écrite, les parents qui se chargent de leurs enfants et doivent travailler en plus, le intédendant-es, les intérimaires, les assistantes maternelles, les caissières et caissiers, les personnes dans les familles desquelles il y a de la violence, les migrant-e-s les personnes isolées, les sans abris, les personnes souffrant de troubles psychiques, les soignant-e-s of course. Et au delà de la France, les témoignages venus de pays dans lesquels le confinement est difficilement mis en pratique.

#Coronaluttedesclasses

Edito :

Sur instagram ce post a suscité des réactions de colères « quoi on peut plus exprimer ce qu’on ressent ?? »

Attention, ce post n’a rien de prescriptif au delà du simple et bien connu « check tes privilèges ». Je recommande dans ma réflexion féministe aux mecs de checker leurs privilèges, principalement en écoutant les témoignages des personnes qui ont un quotidien différent du leur. Il serait malvenu de ma part de ne pas faire de même pour toutes les inégalités dont je bénéficie (racisme, classe sociale,…).

Comprendre qu’on est privilégié est une chose, ensuite, on se dépatouille chacun avec la mise en cohérence de notre prise de conscience et de nos actes.

Ce constat n’empêche pas qu’on crée, qu’on raconte, qu’on ne fasse rien bref qu’on métabolise l’expérience. L’enjeu de cette production potentiellement artistique est « quel espace médiatique occupe t elle ? », « au détriment de quelque chose d’autre ? », « Quel est son effet ? »

On pourrait souhaiter que plus d’espace médiatique soit donné aux revendications de l’hôpital public, des associations…

Face aux pandémies, éduquons à l’écologie

Semo 6 image 1_V3Semo 6 image 2_V3

La nouvelle lettre de la saison de Semo est arrivée dans nos boites mails hier.

Mes dessins dedans.

On y parle d’éducation alimentaire, et de ce que cette crise nous enseigne sur la nécessité de penser la résilience.

« Face aux pandémies, éduquons à l’écologie ! Si crise aggravée il survient, nos territoires seraient-ils capables de nous nourrir ? La réponse est NON ! »

A cette lecture vous vous demandez comment agir, petit-e citoyen-ne ? Je vous propose une idée : rendez vous sur SOS Maires. Le site d’un regroupement de citoyens et élus qui raconte comment secouer nos élus locaux pour les faire investir la marge de manœuvre qu’ils ont face aux enjeux environnementaux. Bon courage 🙂

Hors de soi

TW : Attention, ce post aborde les sujets d’abus sexuels et de violences.

L’idée qui m’intéresse ici est de considérer la responsabilité collective, de sortir de cette croyance que « c’est ailleurs » vis à vis de cette question du viol. Et même, de dépasser cette unique question, de l’élargir. Parce qu’en prenant la mesure collective de notre responsabilité, on découvre qu’il s’agit de penser toutes les intrusions, instrumentalisations, oppressions, sur des humains et des non-humains. 

IMG_20200302_230946IMG_20200302_230921IMG_20200302_231004IMG_20200302_231018IMG_20200302_231033

Cérémonie des Césars vendredi, humiliation publique des victimes d’abus sexuels. Despentes a raison dans sa tribune à chaud dans Libé, on est humilié-e-s par procuration.

On a vu les infos, je suis choquée, vous êtes choqués, c’est bien.

Mais nous n’allons pas geindre de concert sur ces méchants, d’ailleurs je déteste parler de viol. Ça me dégoute, ça me colle à la peau, ça m’humilie, je n’en dors pas, c’est insupportable. Tâchons donc d’être efficaces :

Je nous entends : « C’est moche le monde du cinéma. C’est moche les violeurs. »

Pourtant, je suis désolée, les violeurs sont aussi de ce coté-ci de l’écran. Les violeurs, peuvent être nous. Il est temps de se regarder et de se poser une seule question :

Pourquoi viole-t-on ?

Parce qu’on le peut.

C’est tout.

On le peut, du verbe « pouvoir ».

Pourquoi j’ai entendu cette dizaine de témoignages de femmes (et d’homme) qui ont été violé-e-s dans mon entourage proche ?

Parce que les abuseurs, violeurs le pouvaient. Ils étaient leurs proches, leurs oncles, leurs chefs, leurs profs, leurs amis, leurs cousins, et leurs copains, leurs conjointes. Et rien ne les a empêché, structurellement, d’abuser. Au contraire : aliénation, peur, méconnaissance, culpabilisation, silence, toute la culture du viol qui est la notre, tout ceci a savonné la planche du pouvoir jusqu’au viol.

Ce n’est pas que le pouvoir est le seul facteur, mais c’est la condition sinequanone, première, que je veux traiter spécifiquement ici.

Effectivement, on l’a vérifié, ces personnes ne payent pas de prix pour ces agissements. Ni de prix social, ni de prix judiciaire. Au contraire elles en gagnent, apparemment, des prix.

Et ce fonctionnement dépasse largement la mécanique du viol. Il en est de même avec toutes les formes d’oppression.

Pourquoi j’ai cet ami, harcelé au travail, humilié ? Parce que son chef le peut. Rien ne l’en empêche structurellement.

Pourquoi exploite-t-on les autres humains, les animaux, les ressources naturelles ? Parce qu’on a assez de pouvoir pour ne pas payer de prix. On a même assez de pouvoir pour ne pas se rendre compte que l’on exploite lorsque nos bureaux sont propres mystérieusement le matin, lorsqu’on achète un smartphone,…

C’est le pire, c’est que toutes ces personnes, ces abuseurs, nous parfois, nous ne nous rendons pas compte . Nous ne savons pas ce que nous faisons. Quand nous userons de notre pouvoir demain, aucune alarme de sonnera. Rien ne viendra nous dire « tu violes, tu dépasses la limite du consentement, tu uses de ton privilège de dominant pour oppressé, cet acte est raciste, sexiste, homophobe… ». Il faudra nous le dire nous-même.

Je suis aujourd’hui convaincue qu’il faut faire l’état des lieux des pouvoirs qu’on a, et  de sur qui on les as. Les lister. Et regarder ce qu’on fait de ce pouvoir. Plus on a de pouvoir plus on doit répéter l’exercice souvent. 

Je pense que tant qu’on n’a pas mené cette réflexion sur soi, tant qu’on croit que c’est ailleurs, j’aurai raison d’avoir peur pour toutes ces personnes sur qui d’autres personnes ont du pouvoir, quelque soit la manifestation de ce pouvoir.

Je ne veux pas donner de leçon, je patauge dans mes contradictions, dans la difficultés à m’extraire des privilèges confortables que le système me donne.

Merci d’avoir lu, je vous souhaite bien du courage. J’ai conscience d’avoir rajouté du bruit au bruit : j’essayais de me sentir un peu moins impuissante face à ces rouages énormes, pour pouvoir dormir au lieu de ruminer.

J’y vais d’ailleurs.