Douleurs peintes

✨Pour bien commencer l’année, mes meilleurs vœux ! ✨

Je nous souhaite une énorme vague d’énergie écolo, féministe, antiraciste, des luttes régénérantes, des rires gras bien entourés, la déconjugalisation de l’AAH, des frittes à la cantine, darmanin démission, et de l’amour en barre.

Heureuse de vous voir toujours ici pour suivre les aventures des raleriegolades dessinées. Aujourd’hui je vous partage un projet qui n’est pas une BD… mais un projet de film et peinture !

Vous rappelez vous ? en mars 2021, pour la journée de sensibilisation à l’endométriose je publiais la BD Etre atteinte d’endométriose, c’est vraiment pratique ! Et bien je poursuis le travail autour de l’expérience de cette maladie : je travaille depuis plusieurs mois sur l’expérience de douleur chronique.

⚡ Une douleur est dite chronique dès lors qu’elle est persistante ou récurrente (le plus souvent au-delà de 6 mois). Elle induit une détérioration fonctionnelle et relationnelle. (dit solidarites-sante.gouv.fr)⚡

Je vis en douleur quotidienne depuis deux ans bientôt. Vivre en douleur impacte, que dis-je… PERCUTE notre perception de soi, du monde, des autres, des relations. Complètement, intrinsèquement : l’imprévisibilité des crises, devoir annuler des choses, se redire mille fois que ce n’est pas nous qui sommes non-fiables mais notre santé, flirter avec la dépression, la colère, ne pas la projeter sur les proches ou les soignants ou soi même, continuer à avancer dans les soins, et faire fleurir chaque moments de joie dans la tempête.

L’expérience de douleur isole, principalement parce que les douleurs sont invisibles. Même lorsqu’on explique et que l’on est écouté avec empathie. L’isolement augmente la souffrance. La souffrance ce n’est pas la douleur, c’est un cran plus loin que la douleur. La souffrance c’est la sensation d’inconfort et le rejet, l’horreur, l’aversion pour cette douleur.

Alors pour réduire la souffrance, la mienne, et celle des autres personnes qui se reconnaissent dans cette situation, avec Thomas Coispel, cinéaste, nous avons réalisé un court métrage pour rendre visibles les douleurs invisibles de l’endométriose.

Thomas Coispel est réalisateur, son travail de cinéaste se concentre sur concevoir des images transformées et transformantes pour la société. Il met son travail au service de sujets engagés (écologie, féminisme…) sur sa chaine youtube – CinéChamanisme. Pour soutenir son travail, abonnez vous à la chaine.

Le titre du film est : douleurs peintes. Le voici :

Ce film est diffusé en partenariat avec l’association de patientes, Endomind qui fait un travail de visibilisation important. L’association ENDOmind agit depuis 2014 pour relayer la parole de millions de malades et leur permettre de mettre des mots sur leurs maux.Pour faire entendre leurs voix et celles de leurs proches.

🔥Partagez ce court métrage, faites le vivre (et taguez nous si c’est sur les réseaux), likez et laissez votre avis dans la section commentaire de la vidéo sur YouTube !🔥

En parallèle de ce projet de film, je travaille depuis plusieurs mois à construire une exposition de peinture. (On se soigne comme on peut). Avec ténacité, je capture les sensations changeants, la distorsion du corps perçu, dans une série d’encres.

Bientôt, je pense allier le film et cette série de peintures dans un événement (pourquoi pas en partenariat avec d’autres patients-artistes) autour de : Transcender la maladie par la pratique artistique. Affaire à suivre …

🍓 Merci d’avoir lu ! N’hésitez pas m’écrire vos retours, on sort des BD habituelles…je serai très intéressée ! 😉

Pour aller plus loin :
Pour mieux comprendre cette maladie : Reportage France Inter – l’endo cette maladie qui sort de l’ombre
Sur la souffrance et la douleur, cet article de blog de Lili : https://auvertaveclili.fr/episode-n13/

Ce que vous pouvez faire :
💬 Diffuser le court métrage !!!!! 🙂
🦄Autour de vous, quand une personne a ses règles, que la douleur ne passe pas avec un antidouleur classIque (doliprane) et/ou qu’elle manque des cours ou le travail rappelez vous : ce n’est pas normal. « Tu as le droit d’être prise en charge, je reconnais ta douleur, tu es légitime à aller dépister pour l’endo »
✏️ Signer la pétition Faire rentrer l’endométriose dans la liste des Affection Longue Durée pour une meilleure reconnaissance et prise en charge (en 2020 Véran a dit que ça avançait… on attend)
🌡️ Faire des dons à une association de patiente comme Endomind qui fait un travail de plaidoyer, de sensibilisation pour le dépistage et qui organise des projets de recherche.

Climat de rentrée, 2

Cet article fait suite à celui du 6 septembre 2021, Climat de rentrée. Valérie Masson-Delmotte nous y racontait les principaux enseignements que la communauté scientifique mondiale nous adresse dans le premier volet du rapport du GIEC, paru cet été (bien que son contenu nous désarçonne un peu avec ses pourcentage de certitude et autres termes techniques… on est d’accord).

L’existence de ce travail scientifique est nécessaire mais pas suffisant. Nécessaire à la compréhension des fonctionnements, la mesure du risque, la construction du consensus scientifique : quels sont les points de rupture probables, à quelle ampleur des changements s’attendre… Mais pas suffisante, pour produire la mise en mouvement. Par exemple l’application du cadre de la COP21 qui consiste à passer de 10 tonnes de CO2 par an et par personne à 2 tonnes de CO2 par an et par personne en France d’ici 2050. Ou faire adopter des loi ambitieuses (coucou la loi Climat au rabais). Il n’y a qu’à voir les réactions de notre président ou de notre ministre de l’écologie : « On compte sur la COP 26 » et « Super, on est déjà super au taquet ». Si besoin vous pouvez lire : Réception médiatique du rapport du GIEC – BonPote.

Le fait que ce travail scientifique et alarmant soit « nécessaire mais pas suffisant » a une conséquence précise : cela augmente d’autant plus la charge émotionnelle que l’on encaisse, nous autres mortels pleins d’amour. Par exemple lorsqu’on lit des titres comme ceux des articles du monde relatifs au rapport du GIEC : « l’humanité à l’aube de retombées cataclysmiques », « peu d’espoir », « code rouge pour l’humanité »

Or la peur et la colère ne vont pas se dissiper tout de suite. Nous pourrions nous considérer dans un « marathon de l’urgence » ou dans une « longue urgence ». Ce qui est assez paradoxal puisque la peur et la colère sont d’autant plus intense qu’elles nous enjoignent à agir vite pour nous protéger du pire, et pour que nos désirs de justice soient respectés. Bref, pour retrouver un état stable rapidement. Nous ne sommes pas outillés pour les ressentir en permanence. En conséquence, nous pourrions mettre en place une clause de Prendre-Soin : pour chaque annonce à propos du changement climatique, de la perte de biodiversité et de leur conséquences violentes, l’annonceur s’engagerait à mettre en place l’accueil des émotions que l’annonce aura produit. Pour ne pas filer la patate chaude et s’enfuir ensuite !

Isabelle Giraldo, accompagnatrice pleine conscience, dans son accompagnement insiste sur l’importance de ressentir, de laisser de la place aux émotions suscitée par l’urgence climatique. Également, les émotions désagréable. De les reconnaître, de les éprouver pour les laisser se dissiper.

Cela pourrait prendre la forme d’un temps d’écoute active silencieuse « Comment te sens tu ? ». Nous ne sommes pas face à face dans un café ou dans une salle de travail, je vous propose donc une version écrite… et des propositions de quoi faire de cette charge émotionnelle. Parce qu’il me semble que l’action est aussi une bonne manière de digérer nos émotions.


🐸 Si tu arrives sur (1) la priorité c’est de prendre soin de sa santé. Si on souffre de déprime, d’anxiété, de sentiment d’impuissance face aux violences et aux catastrophes, cela s’appelle l’écoanxiété. Isabelle Giraldo explique dans sa conférence (sur instagram, et bientôt sur son site internet) qu’il est important de le reconnaître, et de l’accueillir. Par exemple en se donnant des pauses (arrêter d’écouter les nouvelles horribles de la radio le matin ?). Ou en pratiquant des temps de gratitude (en listant ce pour quoi on se sent reconnaissant) ou en s’entourant pour agir avec des personnes avec qui on on sent en connexion.

🦋 Si tu arrives sur (2) Qu’on préfère affuter nos basquets pour faire la manif ou donner des sous aux assos qui font ce qu’on soutient, clairement, ne plus être seul-e c’est essentiel. Je suggère cette liste d’associations climat regroupées dans le Réseau d’Action Climat dont la plupart doivent avoir de la place pour des bénévoles un peu partout en France. Et si c’est difficile de choisir, de mon coté, je partage mon expérience : je bénévole à Alternatiba Paris qui met en valeur les alternatives et organise des actions non violentes. Il y a toutes sortes d’activité possibles pour un-e bénévole : faire la cuisine, filmer des événements, organiser des ateliers, imaginer des bandes dessinées, faire de la com sur les réseaux sociaux… ici vous trouverez les groupes Locaux Alternatiba (il doit y en avoir pas loin de chez vous).

🔥 Si tu arrives sur (3) tu peux
– t’inscrire avant le 12 septembre à la primaire des écologistes ! Ça prend 2 minutes, une adresse mail et 2 euros. Ensuite tu peux voter pour désigner la candidate ou le candidat qui représentera le courant écolo aux présidentielles. Pas besoin d’être encarté nulle part, c’est open. Pour se faire une idée de qui est sur le coup, il y a eu un débat le 5 septembre.

– t’inscrire à la Primaire Populaire, et parrainer 5 personnes pour qui tu aimerais pouvoir voter à la présidentielle dans le monde idéal. Par exemple j’ai mis Delphine Batho, Clémentine Autain, Charlotte Marchandise… Même s’il ou elle n’est pas candidat ! (Par exemple Christiane Taubira pète les score, tout le monde veut voter pour elle mais elle ne se présente pas). L’idée serait de désigner un candidat unique pour les idées de gauche et écologiques (possible d’aller lire le socle de valeur) et qu’avec assez de signataires, cela motiverait les candidats à faire alliance au premier tour. Il y a déjà presque 80 000 personnes qui ont signé si tu souhaites les rejoindre.

🍅 Si tu arrives sur (4) :
Si ça t’intéresse d’en apprendre plus sur comment ça marche les cycles géochimique, les océans, la biosphère, …tu peux suivre des ateliers pédagogiques Fresque du Climat. Partout en France ça dure 3 heures c’est un jeu avec un groupe, et c’est une bonne introduction à la climato. Attention, c’est basé sur un rapport du GIEC, ça peut être assez décourageant ou déprimant.
Pour compléter et se donner un peu d’élan, tu peux également suivre un Atelier 2 tonnes. (tu sais, 2 tonnes c’est la quantité de Co2 équivalent qu’il faudrait émettre pour chacun d’entre nous par an pour être aux objectifs de neutralité carbone, en moyenne en France on émet chacun 10 à 12 tonnes par an). C’est un jeu qui propose de tester des actions, individuelles et collectives pour faire pour changer notre fonctionnement de société… et voir si on atteint les 2 tonnes.

🚲 Si tu arrives sur (5) :
On entend parfois « la fission nucléaire est en route, résoudra nos problèmes d’énergie », « la géo-ingénierie permettra de modifier les cycle du carbone et de contrer le réchauffement », …Non pas qu’il n’y a pas d’amélioration technique possible, mais ça ne suffira pas à résoudre la situation de l’urgence environnementale. Et c’est surtout souvent une bonne manière de se dédouaner et d’éviter de se pencher sur les problèmes que notre rapport à la techniques produit. Par exemple, un procès est déployé contre edf qui spoile des terres au Mexique pour planter… des éoliennes ! Ecolo sur le papier donc, mais à quel prix…
Je vous partage cette interview d’un chercheur pour la fission nucléaire, et cette émission radio interview de Philippe Bihouix, qui réfléchit à la place des techniques dans notre société (auteur de L’Âge des low tech. Vers une civilisation techniquement soutenable (Seuil, 2014))

Beaucoup de texte, peu de BD, mais c’est un article à picorer, ne gardez que ce qui vous sert 😉

Belle journée !

Climat de rentrée

(1) Tout ce qui a changé entre le premier rapport et celui ci : 18 Graphiques pour comprendre le rapport du GIEC – Le Monde

(2) Si vous souhaitez lire la synthèse à destination des chefffs et chefffeees politiques, le Résumé pour les décideurs est actuellement en Anglais. Une traduction est proposée par les Shifters (bénévoles associés au Think Tank sur la transition énergétique, le Shift Project)

(3) Vous avez envie vous aussi de savoir à quoi ressemblera votre vie à la retraite ? La vie de vos enfants ou petits enfants quand ils auront 35 ans ? Vous pouvez, c’est le moment de prendre la pilule rouge… Zééébardiii (avec le super format de l’Agence France Presse).

C’est juste dommage qu’ils ne nous disent pas tout. J’aurais bien vu quelque chose comme : « A Saint-Gaudens, il fera vraiment plus de jours chauds… la mairie va installer dans le gymnase une clim’ assez chère pour mettre au frais les personnes fragiles pendant quelques heures,… mais est ce que ça restera un service public ? Des entreprises offriront à prix d’or des heures de frais dans un camion réfrigéré peut être ? Les personnes de plus de 60 ans vont décéder prématurément, et tout le monde va apprendre à marcher lentement dans la rue et à faire la sieste de 14h à 19h comme à Séville. Peut être qu’on va trouver la djellaba super fraiche et tous l’adopter. Quand la mairie a planté des palmiers sur la promenade des Pyrénées on s’est moqué d’eux mais maintenant, c’est cool vu qu’il n’y a plus de platanes, ils ont séchés sur place. La piscine municipale sera prise d’assaut, tant mieux elle est super chouette, mais sera elle assez grande pour les 10 000 transpirants que nous seront ? « 

Ce strip a été dessiné à partir d’une série de tweets de Valérie Masson Delmotte dans lesquels elles synthétise l’essentiel à retenir de la publication du GIEC. J’ai pensé qu’une petite mise en discussion vivante de son topo avec un jean-michel-mou-mais-sympa nous ferait du bien peut être comme format 🙂

Deux autres rapports vont sortir dans les prochains mois et se concentrer sur les conséquences sur nos vies, quelles vulnérabilités, et celui d’après sur les stratégies possibles.

Je vous entends derrière vos écrans : « Merci pour l’info Mathilde. On est en galère, et il faut se bouger. Me voilà avec la patate chaude de cette info stressante… et QUE FAIS-JE, à part des cheveux blancs ? Si tu t’amuses à nous stresser gratuitement, je me désabonne de ton blog! »

Ne vous désabonnez pas (abonnez vos ami.e.s même) ! On ne restera pas le bec dans l’eau, ni les fesses entre deux chaises, ni la patate chaude sur les bras… une proposition de suite arrive demain, promis.

Merci de la lecture, je vous embrasse !

Année à gland ?

Parce que les relous ne prennent pas de vacances oui oui oui… Lâchez nous le string messieursssss. #notallmen* peut être, mais assez pour que j’ai pensé plusieurs fois « si dans le camping il n’y avait que des nanas… Je me sentirais serait tellement plus zen. Mais ça serait triste d’être en camping sans mon frère. Mais ça serait si zzzeeeeen ».

*Not All Men = « Pas tous les hommes », c’est une remarque que font certains et certaines quand on leur rapporte des faits sexistes.

Si vous vous êtes déjà dit, ou avez déjà entendu suite à un témoignage d’agression sexiste « Sale histoire, mais moi je ne suis pas comme ça, tous les hommes ne sont pas comme ça… » alors je vous recommande chaleureusement la lecture de l’article suivant : « Not All Men » : vraiment ? — par Valérie Rey-Robert pour la revue Ballast 🙂

Si vous préférez les BD, J’ai bien aimé aussi la fable vélocipédique de Loïc Sécheresse (qui prend position sur le NotAllMen en tant que mec) : Elle vient en réaction à l’événement suivant : Une militante féministe antiraciste @Mélusine_2 (Sur Twitter) a posé la question (suite à une Xième affaire de violence sexiste et sexuelle) « Comment faire pour que les hommes cessent de violer ? » et elle s’est fait suspendre son compte en plus de recevoir une pluie de commentaire « comment faire pour que des hommes arrêtent de violer!! pas tous les hommes » blablou.

La petite BD est dispo sur Twitter, ou sur Instagram (si vous n’avez pas ces réseaux, sur le moteur de recherche image, il doit y avoir moyen de la trouver je pense)

zoubises

Parentalité – juillet 2021

Les inondations importantes de la semaine passée et les nombreuses victimes en Allemagne et en Belgique ont été brandies comme un événement concret du changement climatique.

Si jamais vous n’avez pas eu l’occasion de voir les images, c’est ici que ça se passe (votez pour des mesures écologiques d’ampleur svp) :https://youtu.be/I0aL1Q5c-4w

C’est une démonstration effective des effets du changement climatique sur nos vies. Cela rend concret et tangible ce qui jusqu’ici était un concept… pour des pays riches. D’autres territoires sont déjà exposés depuis plus longtemps aux sécheresses et à l’augmentation des événements extrêmes. On entend des allemand à la radio jurer qu’ils vont voter écolo, comme on appellerai le plombier pour une fuite. Mais est ce qu’on est prêt à comprendre qu’on n’a pas de solutions technique, et va falloir changer de manière d’habiter, de manger…? Et l’entendre de la bouche du plombier ?

Je vous recommande cet article de France info : Inondations en Europe : comment le réchauffement climatique est passé de « menace pour les générations futures » à danger imminent qui raconte assez bien la difficulté à concrétiser le changement climatique tant qu’il n’a pas emporté notre voiture et noyé le rez de chaussée de la maison.

Bon. Bises et hauts les cœurs, pensée émue pour les parents de jeunes enfants face à ces images, la lutte continue !

Être atteinte d’endométriose, c’est très pratique

28 mars, c’est la journée mondiale de lutte contre l’endométriose. Habituellement, il y a une endo-marche (vous suivez ?), cette anneé non, on a marché pour une vraie loi climat à la place, c’était super.

En attendant, je salue les associations (endomind, endofrance, infoEndométriose), et les personnes (Marie-Rose Galès, Isabelle de EndoNymous) qui font du bruit pour que la maladie soit reconnue, et prise en charge et qu’on sorte de notre négation de la douleur des femmes, ces hystériques. Topo rapide :

  • 1 femme sur 10 atteinte,
  • 7 ans pour se faire diagnostiquer en moyenne
  • 40% souffrent de douleurs chroniques
  • première cause d’infertilité
  • origine méconnue
  • traitement inexistant

Vous pouvez agir : soyez cool au travail avec vos collègues, ✨ reconnaissez les discours des personnes qui vous disent souffrir, 🦋 dites bien aux filles autour de vous que ce n’est pas normal d’avoir mal, 🐙 participez à la lutte contre les discours qui psychologisent « c’est dans ta tête », 🐞 sachez que les symptômes peuvent impacter la digestion, la vie sexuelle, la fertilité et sont imprévisibles, et différents chez chaque malade alors… ne comparez pas les personnes atteintes que vous connaissez, 🎨 signez les pétitions suivantes, 🍓 et vous pouvez également partager cette BD autour de vous, sur les réseaux sociaux… ainsi que celle dans mon article sur le travail et les galères de cycle.

>> pétition : Faisons entrer l’endométriose dans la liste des ALD30 !

>> pétition : Désolidarisation des revenus du conjoint pour le paiement de l’Allocation aux Adultes Handicapés (AAH).

Merci de votre lecture ! ❤

Métro, boulot, endo !

Mars, c’est le mois de sensibilisation à l’endométriose. J’en profite pour partager quelques questions collectives que soulève l’expérience individuelle de cette galère quotidienne. (même si tu n’es pas malade, tu peux lire, c’est cool)

Qu’on soit atteint.e (ou pas) d’endo, d’adénomyose, qu’on ait un syndrome menstruel comme un bulldozer, une fibromyalgie, des migraines, des galères psy.., 🔥 tous ces phénomènes physiologiques ont des conséquences concrètes sur nos vies, qui dépassent largement le problème en soi. Typiquement, la vie professionnelle : ce maudit entretien d’embauche qui tombe le jour où tu as envie de t’enterrer vivante et ou des couteaux te cisaillent le vendre… Respect pour avoir traversé ça! 💪

Ce sont des maladies fréquentes, chacun d’entre nous connait nécessairement des personnes dans cette situation. Ce qu’il faut comprendre : ça prend du temps et de la charge mentale et parfois des sous en plus, de se gérer, d’anticiper, de compter les jours, de prendre des médocs parfois, de faire du yoga ou des bouillottes, de consulter 36 médecins, de dormir plus, … pour arriver à aller mieux et tenir bon une journée normale. Isabelle, du blog Endonymous me disait cette phrase intéressante « ça peut être quasiment un mi-temps de juste se tenir à flot, se maintenir en état de santé viable ». C’est non négligeable! 🐠

La question qui en découle est donc politique (toujours 😍) : comment peut on, collectivement, être solidaires, pour que les conditions difficiles qui impactent la vie de certain.e.s personnes ne se transforment pas en prix a payer, en terme de vie pro par exemple. Si on ne se pose pas cette question, on fait comme si chaque individu était intégralement responsable de sa condition biologique. 🦀 Lol.

Dans le cas de l’endométriose, c’est précisément la question que pose et outille l’association EndoFrance dans son Livre Blanc de l’endométriose et de l’emploi. Les pistes pour les employeurs ne sont pas très nombreuses mais on retiendra : sortie du tabou des maladies et des règles en accueillant la parole quand elle advient, prise en compte et acceptation des caractères imprévisibles de la situation, logique d’inclusivité pour faciliter l’inclusion de la personne (télétravail, adaptation de poste…). Quitte à faire venir des assos pour former les managers. Puisque 65% de femmes considère que leur maladie impacte négativement leur vie professionnelle.

Personnellement, ce qui m’aide bien à gérer au travail c’est l’ajustement possible de ce que je dois faire à mon état, la possibilité de télétravailler dans mon bain (comme je vous disais). J’aimerais arriver à faire des siestes plus souvent aussi et le lieu de travail s’y prête à peu près, c’est plus un problème d’état d’esprit personnel. Pouvoir aller en rdv médical en journée est aussi topitop.

🐛J’ai posé cette question sur instagram, j’ai reçu quelque quelques propositions intéressantes. Par exemple celles d’Irene du génial blog La nébuleuse (luttes sociales et lectures) : « Déjà que la médecine et la recherche scientifique soient entièrement publiques et pour l’intérêt général. Ensuite que tout le monde travaille moins, que les espaces de vie et de travail soient aménagés aussi pour se reposer… Que ce soit plus facile d’avoir de l’aide (ce qui demande des personnes formées et des moyens mis là dedans), que sa situation soit reconnue aussi. À plus court terme, faciliter l’obtention de l’AAH et que ce soit individualisé » (pour le moment les allocations sont calculées par rapport aux revenus de votre conjoint.e. Donc si vous voulez vous barrer pour cause de violence par exemple, c’est mort. Merci la précarité. … tout comprendre dans cet article de Libé Découpler l’allocation aux adultes handicapés des revenus du conjoint)

Je vous partage également les proposition d’Isabelle Giraldo (qui travaille pour accompagner la génération Z à faire face aux conséquences émotionnelles d’un contexte politico-climato-social déprimant) 🐞 : « Pour moi ça passe par un retour à la vie en communauté, les retrouvailles du village, de la tribu pour que nous arrêtions de tout porter toute seule ! Besoin de vraies communauté de soutien, exploration de travail en binôme, de vraie coopération, sortir de notre mode compétitif… » Jolies pistes. A voir comment ça se concrétise.

Alors si vous avez des idées, structurelles et des idées de solidarité par rapport aux galères physio et au monde professionnel… sentez vous libre en commentaire. 🍄

Nager dans la forêt

Petite poésie Automnale,

Oui les champignons corail, ça existe pour vrai.

Si jamais vous pensez que sniffer les feuilles en humusification fait partie des besoins de la vie, si vous êtes inquiets que le confinement aggrave les injustices existantes, en réduisant l’accès au vivant, aux « espaces naturels » il y a cette Pétition pour un accès responsable à la nature en période de confinement

Delphine Batho, députée des Deux Sèvres et députée du groupe Ecologie, Démocratie, Solidarité défend ce droit dans une lettre au premier ministre à suivre sur les rézo.

Sinon, passez votre permis de chasse, les chasseurs, eux, ont une dérogation 😉

Ni les femmes, ni la terre !

Vous avez déjà entendu parler d’écoféminisme ? Kezako ? écolo + féministe = écoféministe ? en réalité ça va un tout petit peu plus loin. Et c’est intéressant comme mouvement pour ce qu’on pourrait y piocher comme pistes d’actions concrètes face à nos problèmes du moment.

« L’intérêt de l’écoféminisme est de combattre les oppressions patriarcales dans leur globalité, parce qu’on remarque que les oppressions exercées sur les femmes sont les mêmes que celles exercées sur la nature. On peut même tirer le fil encore plus loin et inclure également le racisme, les inégalités de classe, les droits des animaux… » explique Solène Ducrétot dans une interview pour Causette, Pour la planète et pour les femmes, « l’écoféminisme veut faire des émotions un moteur de la lutte ».

Donc, les analogies entre agressions sexistes et agressions écocides, c’est le niveau 1. Et c’est déjà bien marrant.

Prometteur. Spécialement parce que c’est un mouvement protéiforme, qui « part du bas » et pas d’une théorie. La réflexion se nourrit des luttes : des nanas qui se disent « on va faire une banque de graines parce que la bouffe c’est le pouvoir ». Ou d’autres qui se disent, « on va tricoter pour faire passer des messages politiques puisque apparemment le tricot c’est pour les bonnes femmes… « .

Je retiens également du podcast Les couilles sur la table – Le patriarcat contre la planète que les écoféministes cherchent à trouver une voie d’égalité qui ne soit pas dans la reproduction de ce que font (statistiquement) les hommes. Parce qu’avoir le choix entre rester sous le plafond de verre et jouer à Lino Ventura, bien agressive pour cheffer comme un chef… merci berk. Trouver une troisième voix, hors de la relation de pouvoir. Et dans laquelle, les corps et émotions ne sont pas uniquement vues comme des vulnérabilités.

Exemple d’usage pratique de l’écoféminisme : Si « être écolo » consiste pour les femmes à voir augmenter à nouveau leur charge mentale concernant la sphère domestique (parce que le zéro déchet, les huiles essentielles, le déo maison et le courses AMAP+petitsproducteurs … ça PREND DU TEMPS) … on s’arrête de suite. C’est la preuve qu’on a besoin de penser comment « être écolo » dans un sens bien plus social, collectif et politique, prenant en compte les interdépendances, sinon l’urgence environnementale aggrave juste les inégalités en place.

D’après l’Insee, si les femmes consacrent aux tâches domestiques 22 minutes de moins qu’il y a onze ans, les hommes y passent seulement une minute de plus… et deux fois plus de femmes (17%) que d’hommes (9%) ont voté EELV en 2019 (allez lire Comment l’impératif écologique aliène les femmes – Slate)

🍃🍁Mais ça tombe bien, en ce moment c’est le Festival Après La Pluie, festival mixte écoféministe organisé par Les Engraineuses pour développer l’approche. Conférences écoutables en rediffusion.

Pour aller plus loin : L’écoféminisme, ou comment se reconnecter au monde, interview de Emilie Hache par Médiapart (40 min)

Bises !

Quiproquo levé : les écolos aiment les gens !

Samedi 3 octobre 2020 avait lieu la mobilisation citoyenne Avions à Terre. Cette mobilisation a été une bonne occasion pour lever un malentendu un peu récurrent : les demandes écolos ne sont pas faites au détriment des gens, des salariés des industries mises en discussion, …au contraire !

En gros, il y a eu des actions non violentes de désobéissances civiles organisées par Alternatiba et Action Non Violente Cop 21 et d’autres assos/ong réclamant que l’argent public cesse de subventionner le développement d’un secteur responsable d’un part non négligeable des émissions de gaz à effet de serre : l’aviation civile.

Pour info, les demandes sont : stop au développement des projets démesurés comme le nouveau terminal à Roissy, Stop à l’exonération de taxes dont bénéficie le kerozen, stop aux lignes d’aviation qui peuvent être faites en train. Rappel : il nous faut diviser nos émissions de gaz à effet de serre par 5 ou 6 d’ici 2050 pour rentrer dans les accords de Paris (et éviter de cuire sur place)…. Le secteur représente au moins 5% du réchauffement planétaire selon le GIEC, plus en France. Il est de 15 à 40 fois plus émetteur que le train sur même distance.

Et, rebondissement, François Rufin qui soutenait l’action s’est rendu aux cotés de grévistes salariés du secteur aéronautique la même semaine. Sur twitter, grand lieu du débat constructif, on lui a reproché ses contradictions, »c’est pas trop dur le grand écart ? ». Même sa mère lui a demandé ce qu’il foutait avec les « méchants ».

Quiproquo! Je profite de sa réponse pour me ranger derrière : le mouvement citoyen écolo est aux cotés des gens ! Surtout aux cotés des salariés du secteur. Il demande de l’investissement public pour organiser la mutation des secteurs avant que les dits secteurs ne se cassent la figure d’eux même ou licencient à tour de bras. C’est la transition pensée avec les salariés, pas sans eux, ou même contre eux, souligne cet article de Reporterre.

Je vous remets d’ailleurs la superbe lettre du collectif Atecolpol aux salariés de l’aéronautique : https://atecopol.hypotheses.org/4062 qui dit en gros « viendez avec vos cerveaux, on réfléchi ensemble à ce qu’on peut inventer pour la suite ».

Mais d’autres voix, partageant le constat climatique et l’urgence, s’élèvent pour qu’on ne cherche pas la sobriété de consommation de ressource ni la mutation des secteurs pour protéger les gens en anticipant, mais pour qu’on investisse dans la technologie qui nous permettrait de ne pas changer nos modes de vie, de donner des débouchés aux étudiants de l’aéronautique et qu’on reste compétitif grâce au futur « Avion vert ».

Ces propositions (nombreuses et financées par le dernier public) ont inspiré un slogan aux manifestants en réponse : « L’avion vert c’est celui qui ne vole pas ».

Et comme je soutiens ces manifs mais que je n’ai pas pu être à celle ci, j’ai dessiné à la place !

LA BISE !

Les pollinisateurs se vexent.

Newsletter_Semo_abeilles

Semo transition a publié une nouvelle Newsletter. Décryptage des labels et autres pictogrammes(AB, Label Rouge, Haute Valeur Environnementale, Pêche responsable…) de vos courses, histoires des abeilles et urgence à sauver les pollinisateurs, un décryptage aussi des mots résiliences qui ont fleuri dans toutes les bouches et toutes les tribunes, un podcast de discussion intime avec des agriculteurs au parcours atypique (toi, le bac+5 qui pense à devenir boulanger ou maraicher… je te vois 😉 ).

Petit aveu : Juste après avoir fini le dessin, je tombe sur un article de Socialter qui explique qu’à avoir fait la pub pour les abeilles beaucoup de mairies auraient installées des ruches partout … sans augmenter l’alimentation disponible. Pourtant, la solution miracle tourne au vinaigre à Paris, où la surpopulation d’abeilles domestiques entre en compétition avec les pollinisateurs sauvages… (papillons, bourdons…)

Leçon 1 de l’apprenti écologiste : Il ne s’agit pas juste de réintroduire les bestioles, faut refabriquer le milieu propice à leur développement ! J’espère que les pollinisateurs aiment les fleurs de patate… j’ai joué à l’apprenti jardinière de balcon, la situation m’échappe un peu 🙂

A très bzzz vite ❤ et votez bien dimanche !

 

 

Mon monde d’après est inter-vivants

Systémie de terrtoire_Mathilde François

« Dans mon monde de demain, il est répandu et important de prendre du temps pour chercher comment cohabiter au mieux avec les autres vivants, et cette manière de négocier a enrayé la dégradation des écosystèmes.
Dans mon monde de demain, le paradigme a évolué, nous ne percevons plus le reste du vivant comme des objets, une ressource à gérer que l’on appelle « nature ». Nous nous percevons avec eux eux comme des colocataires, aux besoins différents, communications différentes.
 
Baptiste Morizot, enseignant chercheur en philosophie dans son livre Manières d’Être Vivants, soutient l’idée que nous serions en crise de sensibilité vis à vis vis du vivant : il constate que nous avons peu de mots, et peu de moyens de nous figurer le sensible, de formuler l’interaction avec des arbres, des animaux, nous n’en connaissons pas les noms et les côtoyons peu.
 
Dans mon monde d’après nous explorons des exercices, des jeux de rôles, des assemblées, ou des immersions peut être, pour donner de la place aux autres vivants dans nos réflexions de choix de vie et d’aménagement du territoire. Les formes restent à définir, voilà mes pistes :
(1) le Parlement de la Loire initié par Camille de Tolédo et le POLAU (Pôle d’Art Urbain) cherche aujourd’hui même à constituer une reconnaissance juridique pour l’écosystème de la Loire.
(2) Alexandro Pignochi et son blog incroyable : dans ses bandes dessinées nous bouscule en supposant que l’animisme des indiens Jivaros est la pensée majoritaire.
(3) Dans mes illustrations, j’essaye de faire parler les vivants non-humains, les villes, les abeilles…
(4) Dans une scène de théâtre forum avec la compagnie NAJE (Nous n’Abandonnerons Jamais l’Espoir) nous avions choisi de personnifier la biodiversité dans un conflit de voisinage concernant la gestion des jardins… à creuser !
 
Dans mon monde de demain, c’est le métier de certaines personnes d’être en charge d’accompagner ces processus de négociations : Diplomates pour vivants ? Intercesseurs entre espèces ? Systémiciens de territoire ? J’aimerais bien faire ce métier…

Je m’appelle Mathilde François, je suis diplômé ingénieure agronome et j’accompagne des collectivités dans les questions de partage des rôles pour une transition écologique collective au sein des territoire. Je suis aussi artiste, et j’explore ce que peuvent apporter la mise en image (illustration), la mise en corps (théâtre forum…) face aux enjeux politiques actuels. »

 

C’est l’illustration et le texte que j’ai envoyé en réponse à l’appel à participation de La Base Paris, lieu repaire de 10 associations ayant pour objectif de mobiliser les citoyen-nes à la transition écologique et sociale.

Dans la même veine, Alternatiba a fait appel à 60 dessinateurs pour dessiner un ET SI du monde d’après… : et-si.alternatiba.eu

Et je trouve que c’est une joyeuse profession de foi de sortie de confinement.

Bonne soirée à tous et toutes !

Les anxieux, experts en temps de crise ?

Être impuissant-e en situation de crise, c’est pas très pratique.

Mais quand tu fais partie de ces perpétuels abonnés au doute, que l’hypervigilance et l’anxiété sont tes potes les plus fidèles… Maintenant que tout le monde se stresse la moule au quotidien, te voilà up-gradé au rang d’expert-e !!

Vous m’avez vue venir : je rebondis sur la situation et… je prêche pour ma paroisse ! (un peu comme tout le monde en ce moment d’ailleurs).

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Émerveillons-nous ? C’est aussi de la résistance.

Ces femmes qui ont tracé la route

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Levons le nez de nos coronactualités. J’ai un hommage à faire : En Février, Bretecher décède, et laisse petits et grands dessinateurs tout penauds.

A l’époque, j’effectue une (re)plongée émue dans les Agrippine dispos en rayon au salon. Dense, efficace, sans pitié mais pas sans poésie. Une répartie défiant les lois de l’apesanteur.

Ça ne loupe pas, le style infuse, les gros nez me font de l’oeil. Sur fond d’émissions de France Culture Bretecher – point à la ligne, mon dessin s’Agrippine un peu…

Je ne peux pas ne pas penser à ma grand mère, une fusée un peu dans le même modèle. L’écriture efficace, caustique, politique. Elle vous met dans sa poche de baroudeuse, entre deux critiques de films; des billets de blogs, l’Afrique de l’Ouest, Valparaiso, Chili, Cartagena, Colombie, le chemin de St Jacques comme respiration.

Je vous recommande et vous avise, lisez-la, mais ne venez pas rouspéter que ça vous démange du sac à dos après ! En plein confinement, c’est ma boite à Pandore d’envies de voyages, ça sent bon les embruns et le port de pèche dans le salon…

Son blog : Michèle Solle – Chroniques abonnez vous ?

Je vous embrasse, femmes qui tracent les routes, et vous qui lisez ici.